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Will WITTERS
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Le biais cognitif d'un ancien colonialisme dénié/oublié

ROCKY BALBOA, le Combat Structurant contre le Déterminisme Social

Le cinéma est le laboratoire où l'individu défie les lois de la physique sociale. Peu de personnages incarnent ce combat avec autant de force que Rocky Balboa. Derrière la sueur et la gloire, l'histoire de Rocky (John G. Avildsen, 1976) n'est pas qu'une simple saga sportive : c'est une étude de cas puissante sur la tension entre le déterminisme social et la volonté individuelle. Une tension que tout auteur doit comprendre pour donner à son récit une colonne vertébrale inébranlable.

1. Le Poids des Structures : L'Analyse Bourdieusienne

Le sociologue Pierre Bourdieu nous a fourni un cadre essentiel pour comprendre pourquoi la vie de Rocky aurait dû s'arrêter avant le premier coup de gong. Selon sa théorie du déterminisme social, la position d'un individu est largement prédéterminée par son capital (économique, social, culturel) hérité de son milieu.

Pour un homme des classes populaires de Philadelphie comme Rocky Balboa — collecteur de dettes, boxeur raté, vivant dans la précarité —, tout son environnement (son habitus) le pousse à la reproduction sociale. Son destin, dans une vision bourdieusienne, est de rester coincé dans la médiocrité, le cercle de l'échec se refermant sur lui.

L'enjeu narratif est ici maximal : L'histoire de Rocky doit d'abord installer le poids implacable de ces structures pour que l'exploit ait une résonance.

2. Rocky : L'Élan de la Volonté et la Rupture du Destin

Si Rocky Balboa résonne tant, c'est qu'il est l'incarnation du refus d'accepter ce destin écrit d'avance.

La Détermination comme Acte de Rébellion : Lorsqu’une opportunité accidentelle se présente – le combat contre le champion du monde, Apollo Creed –, Rocky ne la voit pas comme une chance de richesse, mais comme un moyen de prouver sa propre valeur face à la société qui l'a marginalisé. Le film n'est pas sur la victoire ou l'ascension sociale (il ne gagne pas le titre !), mais sur l'accomplissement d'une lutte intérieure et le défi lancé à l'ordre social.

Le récit de Rocky est une ode à la résilience : l'individu puise dans sa force intérieure, dans sa singularité, pour transcender les limitations. Ce mécanisme, où le conflit intérieur alimente la lutte contre les structures extérieures, est au cœur de l'efficacité dramatique.

3. Tension et Mythe : Quand l'Individu Défie les Statistiques

Toutefois, l'auteur doit rester lucide. Rocky est un mythe, et le mythe ne contredit pas la règle. L'exploit de Balboa repose sur une opportunité quasi accidentelle ("un coup de chance"), confirmant que les portes de l'ascension sont extrêmement rares et ne s'ouvrent que par des circonstances exceptionnelles.

D'ailleurs, l'analyse de la saga montre que le succès n'est jamais acquis. Rocky doit constamment se battre contre le poids des structures économiques et culturelles (la perte d'argent, le mépris des élites, l'usure de sa gloire) qui cherchent inlassablement à le ramener à son point de départ.

Conclusion pour l'Auteur : Cette tension entre le désir d'échapper à sa condition (la Détermination) et la force invisible des structures (le Déterminisme) est le cœur vivant du drame. Un récit puissant ne fait pas disparaître les structures : il montre comment le personnage apprend à naviguer avec, contre, ou à travers elles.

L'Application de la Méthode STRUCTURE : Tirer le Fil

La Méthode STRUCTURE est conçue pour gérer précisément cette complexité.

Nous vous apprenons à structurer le poids du déterminisme (les obstacles externes, le monde implacable) pour que la détermination du personnage (la force de son Intériorité) ait l'impact maximal. En liant de manière cohérente le conflit intérieur et le conflit extérieur, vous garantissez que votre récit sera non seulement captivant, mais qu'il résonnera avec les grandes questions de la société.

Votre projet est-il menacé par un déterminisme narratif ? Transformons cette tension en une force dramatique irréfutable.

La VIlla NOESIS - IMMERSION et LIBERTé
Monday 10.07.24
Posted by will witters
 

Faire face aux narratifs nauséabonds

Le narratif de l'extrême droite face à la représentation cinématographique

La Haine (1995) : L'Analyse d'une Prophétie

Violences Policières, Fracture Sociale et le Rôle du Cinéma comme Manifeste

Voir La Haine de Mathieu Kassovitz en 2025, c'est assister à la déroute d'une société. Sorti en 1995, ce film n'est pas une simple œuvre de fiction sur les violences policières : c'est un radioscopie brutale d'une fracture sociale et raciale qui, loin de se résorber, s'est tragiquement accentuée. La tension palpable entre Vinz, Saïd et Hubert, figures de la jeunesse des quartiers, et l'ordre établi, est le sismographe d'une colère structurelle qui ne cesse de s'exprimer.

1. La Violence Policière : Un Conflit de Structure

Dans La Haine, la violence policière n'est pas l'exception, elle est le conflit principal du récit, une force omniprésente qui conditionne la vie des habitants. Le film s'ouvre sur la bavure qui laisse Abdel entre la vie et la mort, signalant que la brutalité est le symptôme d'un système où la défiance mutuelle est la règle.

L'Analyse de la Structure : Le film excelle à montrer le poids de cette structure sur l'Intériorité des personnages.

La colère destructrice de Vinz est la manifestation d'une impuissance face à l'oppression institutionnelle.

Le calme contenu de Hubert (le boxeur) symbolise la lutte pour la résilience malgré l'implacabilité du système.

Saïd est le témoin, celui qui navigue entre les lignes.

Cette tension entre l'individu et l'institution est le moteur dramatique de la tragédie. Et comme l'ont tristement démontré les émeutes suivant la mort de Nahel en 2023, ce cycle de violence et de défiance, que Kassovitz avait si brillamment structuré, perdure.

2. La Droitisation Sociétale : Le Cheval de Troie Narratif

Depuis la sortie du film, nous assistons à une droitisation progressive du discours public. Des thèmes autrefois marginaux (l'insécurité, l'identité, le contrôle de l'immigration) sont devenus centraux. Cette normalisation a un impact direct sur la narration de notre société.

L'Étranger comme Figure Dramatique : Le film met en scène des jeunes multi-culturels qui sont, symboliquement, exclus du "nous" national. Ils sont perçus comme "autres" et, de plus en plus, comme une menace narrative utilisée par les idéologies d'extrême droite. Cette figure de l'altérité est exploitée pour justifier la répression et le repli identitaire.

La Haine agit comme un miroir de cette exclusion symbolique : l'hostilité qu'ils subissent dans la cité, dans les centres-villes et même dans les médias, renforce l'idée qu'ils sont des étrangers dans leur propre pays, fournissant ainsi la matière première idéologique à ceux qui prônent la fermeture.

3. Le Rôle Crucial du Cinéma : Résistance ou Complicité ?

Le cinéma, en tant que puissant outil de narration, se trouve à une croisée des chemins.Le Récit comme Résistance : Des œuvres comme La Haine ou Les Misérables (2019) assument leur rôle de manifeste social. Elles s'efforcent de déconstruire la stigmatisation en donnant de la chair et de la complexité aux populations marginalisées. Elles montrent l'injustice systémique et forcent le débat.

Le Risque du Renforcement : À l'inverse, l'industrie doit être vigilante. En représentant ces populations uniquement à travers le prisme de la violence ou de la délinquance, le cinéma peut involontairement renforcer les stéréotypes et participer à la construction d'un imaginaire collectif qui fait de "l'autre" une figure de danger. Ces récits non nuancés deviennent alors des complices silencieux de la droitisation.

Conclusion : Structurer l'Indignation en Manifeste

Dans un contexte social aussi chargé, la responsabilité de l'auteur est immense. Il ne suffit pas d'avoir une bonne intention ; il faut avoir une structure narrative irréfutable pour que le message perce le bruit ambiant.

Mon approche : La Méthode STRUCTURE est l'outil pour transformer l'indignation en un récit qui résonne avec la force d'un manifeste. Elle garantit que la complexité des dynamiques de pouvoir est fidèlement retranscrite, que les personnages sont dotés d'une profondeur psychologique (l'Intériorité) qui transcende le cliché, et que la violence du monde a une fonction dramatique claire.

Nous ne cherchons pas à raconter des histoires consensuelles, mais des histoires nécessaires. Votre message est-il assez fort pour défier la société ? Donnez-lui la structure qu'il mérite.

Le positionnement de la villa NOESIS
Tuesday 09.24.24
Posted by will witters
 

Écrire sur le viol. L'épineuse traversée d'un désert sanglant.

Contre Vents et Marées : Le Patriarcat et la Chaîne d'Abandon

Violences Sexuelles au Cinéma : Comment la République aux Mains Liées Maintient le Silence

Dans l'ombre des projecteurs et des tribunaux, le viol est un crime à double peine : l'agression, suivie par le silence institutionnel. Le Patriarcat, système de domination masculine, ne se contente pas d'engendrer les agresseurs ; il corrompt les structures censées protéger. Le cinéma, en tant que miroir de cette défaillance, reproduit trop souvent une réalité brutale où les victimes de violences sexuelles sont prises au piège d'une chaîne systémique où la justice, la société et les médias semblent avoir les mains liées. Notre rôle, en tant que narrateurs, est de briser cette sidération.

1. Le Retournement de l'Accusation : La Stratégie du Silence

Le cinéma, qu'il le veuille ou non, participe au conditionnement mental autour du viol. L'un des mécanismes les plus insidieux du patriarcat est le retournement de l’accusation, qui se manifeste à l'écran comme dans la réalité :

  • La Culpabilisation de la Victime : Des films qui interrogent ce que la victime "faisait", "portait" ou "buvait" (comme dans The Accused) renforcent une idée toxique : la victime est partiellement responsable. Cette dynamique narrative alimente la honte et est la première étape du processus de silence.

  • La Légitimation du Doute : Les récits de fausses accusations (comme dans Gone Girl ou des ressorts de séries policières) instillent dans l'imaginaire collectif l'idée que la parole des femmes est manipulable. Ce doute, une fois légitimé à l'écran, se répercute en boucle dans le système judiciaire.

  • La Minimisation et la Banalisation : Les comédies qui tournent en dérision les situations de consentement flou ou d'agression (l'ancien cinéma mainstream) relèguent le crime au statut de blague. Ce traitement narratif légitime l'idée que certaines violences ne sont « pas si graves », ouvrant la voie à l'impunité.

2. La République aux Mains Liées : La Chaîne Systémique de l'Abandon

La sidération de la victime est souvent prolongée et aggravée par une chaîne de défaillances institutionnelles. L'abandon n'est pas un oubli ; il est la conséquence d'une série d'obstacles où chaque maillon du système trouve ses mains liées par la structure patriarcale :

  • Le Maillon Judiciaire : La police et la justice sont confrontées à la complexité des preuves, à la lourdeur des procédures, et parfois à une culture interne qui tend à minimiser la parole, conduisant à des classements sans suite. Le doute légitimé par la société devient une impossibilité d'agir pour le droit.

  • Le Maillon Politique et Médiatique : Les politiques publiques peinent à réformer un système coûteux et encombrant. Simultanément, les médias, attirés par le sensationnel ou l'image de l'agresseur puissant et charismatique, occultent la réalité du traumatisme (comme dans les scandales type Weinstein), protégeant symboliquement la figure du dominateur.

  • Le Maillon Sociétal : La peur de la revictimisation (perdre son emploi, sa réputation) est renforcée par un environnement social qui protège les agresseurs puissants. La force invisible des structures fait que, lorsqu'une victime parle, c'est l'ordre social tout entier qu'elle défie, et le système se mobilise pour se protéger lui-même, pas elle.

C'est cette chaîne de la justice et de la société aux mains liées qui provoque l'abandon des victimes de la République.

3. L'Intériorité Face au Système : Le Récit de Résilience (Méthode STRUCTURE)

Pour l'auteur, traiter ce sujet exige une posture et une structure narratives d'une exigence absolue.

  • Sortir de la Sidération par le Récit : Il est impératif d'écrire nos personnages dans leurs tentatives de sortie de leur état de sidération. Le viol est un acte qui fige. Le récit doit devenir le cheminement qui débloque cette paralysie. Notre Méthode STRUCTURE se concentre sur l'Intériorité : nous structurons le récit autour de la vérité émotionnelle et de la résilience du personnage, faisant de la quête de justice un acte profondément personnel.

  • La Posture Omnisciente : En tant que narrateur, il est crucial de se positionner en posture omnisciente pour traiter le sujet plus profondément. Cela permet de révéler les mécanismes de la chaîne d'abandon (les "mains liées") au public, sans dépendre uniquement de la perception traumatisée de la victime. Le récit devient un manifeste qui expose les structures de pouvoir qui agissent contre le personnage.

4. La Nuance Nécessaire : Considérer toutes les Victimes

Pour que le cinéma soit un outil de transformation sociale, il doit être inclusif. La complexité du sujet exige de reconnaître la diversité des expériences de violences sexuelles.

Il est impératif de ne pas invisibiliser la minorité d'hommes victimes de viol par des femmes, ou d'autres dynamiques qui défient les stéréotypes. Leur silence et leur honte sont souvent renforcés par une vision patriarcale de la masculinité qui ne leur permet pas de se reconnaître comme victimes. La narration doit s'affranchir de cette norme toxique pour créer un espace de reconnaissance et de soutien pour toutes les personnes touchées, quelle que soit leur identité de genre ou celle de leur agresseur.

Conclusion : L'Écriture comme Acte de Justice

La force du cinéma réside dans sa capacité à briser le cycle du silence et de la culpabilisation. En tant qu'auteurs, nous avons le devoir de raconter des histoires honnêtes, qui placent la parole de la victime au centre et qui exposent la chaîne systémique qui les abandonne. Donnez à votre récit la structure irréfutable nécessaire pour devenir, lui aussi, un maillon de la lutte pour la justice sociale.

NB1: Dans chaque sujet traité, il est important de regarder le miroir de ce qui est dénoncé. L’enfant dit “c’est celui qui dit qui est”, le scénariste doit regarder celui qui dit: “il y a exclusion” et regarder ainsi qui est exclu de la sorte par cette dénonciation.

Non pas que la dénonciation est calomnieuse, mais bien parce que dans les biais cognitifs, il y a une sorte d’habitude, on n’est pas omniscient lors de nos dénonciations. Lorsqu’on écrit, il est préférable d’avoir une écriture omnisciente, il est nécessaire que notre récit prennent en compte les choses oubliés par le narratif d’une seule personne.

Pour ce qui est du débat des viols dans les médias, le but n’est pas de compléter le discours d’une victime par une interview, Les médias sont en état de sidération vis à vis du sujet. Ils manquent cruellement d’empathie et d’omniscience, ce qui ne leur permet pas de résoudre l’insoluble question du malaise de société.

Ce qui par contre peut être résolut dans un film ou dans un livre, car vous aurez l’opportunité ici de traiter le sujet selon votre vision, en ajoutant le narratif habituel des antagonistes, et bien sûr, en prenant en compte la complexité de la chose via la notification, même minimale, de l’exclusion dans l’immense océan de tentative de reconnaissance.

Découvrir la méthode STRUCTURE
Tuesday 09.24.24
Posted by will witters
 

Votre scénario sur le divan

Le personnage principal est un être humain

Psychologie et psychiatrie au service de la fiction : Comment les troubles façonnent l'évolution d'un personnage

La complexité des personnages est souvent ce qui fait la force d’une œuvre de fiction, que ce soit dans la littérature, le cinéma ou les séries télévisées. Un des moyens les plus puissants d’ajouter de la profondeur à un personnage est de lui attribuer des particularités psychologiques ou psychiatriques. Ces traits influencent non seulement leur comportement, mais également la manière dont ils évoluent tout au long de l’histoire. En s'appuyant sur des troubles mentaux réels ou des nuances psychologiques subtiles, les créateurs peuvent développer des récits riches et engageants.

Psychologie vs. psychiatrie : Quelles différences ?

Avant de plonger dans l’analyse narrative, il est utile de faire la distinction entre psychologie et psychiatrie :

  • La psychologie est l’étude des comportements, des émotions et des pensées. Elle se concentre sur les mécanismes cognitifs, émotionnels et sociaux qui influencent la manière dont une personne interagit avec le monde.

  • La psychiatrie, en revanche, est une branche de la médecine qui s'intéresse aux maladies mentales, aux troubles psychiques et aux dysfonctionnements neurologiques. Elle se penche sur les diagnostics et les traitements des troubles comme la schizophrénie, le trouble bipolaire ou encore la dépression sévère.

Ces deux approches peuvent être exploitées dans une œuvre de fiction pour façonner l’évolution des personnages, en leur conférant des traits ou des troubles spécifiques qui influenceront leur cheminement.

Les troubles psychologiques comme moteur narratif

Un personnage présentant des particularités psychologiques – qu’il s’agisse d’un trauma, d’un trouble anxieux ou de phobies – offre au récit un dynamisme tout particulier. Ces caractéristiques influencent la manière dont ce personnage perçoit le monde, réagit aux événements et interagit avec les autres. Elles servent souvent de moteurs narratifs, en initiant des conflits internes ou externes, en créant des obstacles et en enrichissant l’intrigue.

Prenons, par exemple, le personnage de Will Hunting dans Will Hunting (Good Will Hunting). Will est un jeune prodige autodidacte qui souffre de troubles de l'attachement et d'une peur profonde de l'abandon, résultat d’un passé marqué par des abus. Sa particularité psychologique est centrale à l’intrigue : bien qu’il possède un talent exceptionnel, ses traumatismes et ses défenses psychologiques l’empêchent d’accepter son potentiel et de développer des relations saines. Son évolution narrative se joue au fil de ses séances de thérapie, qui dévoilent peu à peu la source de ses comportements autodestructeurs. Le film nous montre qu’il n’est pas simplement une question de talent ou d’intelligence, mais de guérison et de dépassement de ses blessures émotionnelles.

Ce type de développement permet au spectateur de voir un personnage évoluer non seulement en fonction des événements extérieurs, mais aussi de sa propre psychologie interne.

Les troubles psychiatriques et la transformation d’un personnage

Dans d’autres récits, les personnages évoluent en fonction de troubles psychiatriques plus graves, comme des dépressions majeures, des psychoses ou des troubles de la personnalité. Ces personnages sont souvent aux prises avec des conditions qui dépassent leur propre contrôle, et leurs trajectoires narratives peuvent inclure des moments de crise, de guérison, ou de chute dramatique.

Prenons l'exemple du personnage de Nina Sayers dans Black Swan (2010). Nina est une danseuse de ballet perfectionniste, dont la quête obsessive de la perfection déclenche un processus de décompensation psychiatrique. Au fil du film, Nina sombre dans la schizophrénie et la paranoïa, se perdant dans des hallucinations qui brouillent la frontière entre réalité et illusion. La détérioration de son état mental devient un élément clé du drame du film, et son évolution (ou plutôt sa descente) est directement liée à son trouble psychiatrique.

Ici, le trouble mental de Nina n’est pas seulement un trait de caractère, mais un élément structurant de la narration, qui modifie la perception de l’audience et guide le déroulement de l’intrigue. La psychiatrie devient alors un levier puissant pour jouer sur l’ambiguïté et le suspense dans l’évolution du personnage.

L’évolution psychologique ou psychiatrique comme miroir du thème de l’œuvre

Dans de nombreuses œuvres, l’évolution psychologique d’un personnage est également un miroir des thèmes centraux de l’histoire. Que le récit traite du deuil, de la solitude, de l’identité ou de la rédemption, la manière dont un personnage évolue mentalement reflète souvent la portée émotionnelle plus large de l’œuvre.

Dans Joker (2019), par exemple, le personnage d’Arthur Fleck, incarné par Joaquin Phoenix, souffre de troubles mentaux exacerbés par l’indifférence et la cruauté de la société qui l’entoure. Sa chute dans la folie et sa transformation en Joker ne sont pas seulement un voyage personnel, mais également une critique sociale qui interroge la manière dont les individus vulnérables sont négligés et marginalisés. L’évolution psychiatrique d’Arthur devient ainsi une allégorie des tensions sociales qui parcourent l’histoire, et son destin tragique reflète le thème de la déshumanisation dans une société brutale.

L’impact sur la structure narrative

L’intégration de particularités psychologiques ou psychiatriques chez un personnage influence aussi la structure narrative. Ces traits peuvent conduire à des récits plus introspectifs, où les conflits internes occupent une place centrale, ou bien à des récits où les comportements imprévisibles des personnages créent des moments de tension et de suspense.

Dans Fight Club (1999), le personnage principal, souffrant de troubles dissociatifs de l'identité, est à la fois le protagoniste et l'antagoniste de son propre récit. L’évolution psychologique du personnage prend la forme d’un twist narratif majeur qui redéfinit l’intégralité de l’histoire. Ce type de structure devient possible grâce à l’exploitation de la pathologie psychiatrique comme élément clé du récit.

Conclusion : La psychologie comme outil d’évolution et de transformation

Les particularités psychologiques ou psychiatriques permettent aux auteurs et réalisateurs de développer des personnages riches et nuancés, dont l'évolution reflète autant des conflits internes que des enjeux externes. Que ces troubles servent à créer des obstacles ou à générer de la profondeur émotionnelle, ils contribuent souvent à enrichir la trame narrative en explorant les complexités de l’esprit humain.

Ainsi, les créateurs de fiction utilisent la psychologie et la psychiatrie non seulement pour façonner les caractères de leurs personnages, mais aussi pour ancrer leurs récits dans des dynamiques humaines universelles, tout en offrant au public une réflexion sur les subtilités de l'esprit et ses transformations.

Tuesday 09.24.24
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Les dualités: utopies contre dystopies

Azimov contre Orwell

Intelligence Artificielle et Contrôle Total : Quand Asimov rencontre Orwell

L’intelligence artificielle (IA) fascine et inquiète à la fois. À travers la littérature, cette technologie a souvent été présentée sous deux prismes différents : celui de la régulation et de la moralité, comme dans les œuvres d’Isaac Asimov, et celui du contrôle et de la surveillance, représenté de manière oppressante dans 1984 de George Orwell. Ces deux visions, bien que fondamentalement différentes, posent des questions profondes sur les limites de l’IA, le pouvoir qu’elle pourrait acquérir et la place des humains dans un monde dominé par la technologie.

Les trois lois de la robotique d'Asimov : Une éthique intégrée à la machine

Isaac Asimov, dans son œuvre prolifique, a introduit un concept qui est devenu incontournable dans la réflexion autour de l’intelligence artificielle : les Trois Lois de la Robotique. Celles-ci sont des règles intégrées dans les machines afin de garantir que les robots et les IA se comportent d’une manière moralement acceptable. Les voici :

  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, par son inaction, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.

  2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première Loi.

  3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la Première ou la Deuxième Loi.

Ces lois représentent une tentative d’intégrer une éthique de protection et de bienveillance au sein des machines. Dans le monde d’Asimov, l’IA est conçue pour servir les intérêts humains, garantissant ainsi que l’humain conserve le contrôle sur la technologie qu’il a créée. Cependant, cette utopie technologique repose sur une idée fondamentale : que les IA seront toujours programmées pour respecter ces lois et que les humains qui les conçoivent agiront toujours dans l’intérêt général.

1984 de George Orwell : Quand la technologie devient instrument de contrôle

En contraste frappant avec la vision d’Asimov, George Orwell dépeint dans 1984 une société où la technologie est au service d’un État totalitaire, utilisé pour surveiller, manipuler et contrôler les populations. Le "Big Brother" omniprésent utilise des dispositifs technologiques sophistiqués pour surveiller les citoyens à chaque instant, renforçant ainsi la soumission des individus au pouvoir central.

Dans ce récit, la technologie n'est plus un outil neutre ou un serviteur bienveillant. Elle devient une arme dans les mains d’un régime tyrannique pour maintenir l'ordre et éliminer toute forme de résistance. La surveillance, l’espionnage et la réécriture de l’histoire sont rendus possibles par des technologies avancées, qui contrôlent non seulement les actions, mais aussi les pensées des individus.

Là où les robots d’Asimov sont encadrés par des lois éthiques, la technologie dans 1984 ne connaît aucune limite morale. La différence fondamentale est que, chez Orwell, ce ne sont pas les machines qui posent problème, mais l’usage qu’en fait le pouvoir humain.

Asimov et Orwell : Deux visions opposées du contrôle technologique

En mettant en parallèle Asimov et Orwell, deux visions émergent : l'une où la technologie est un outil fondamentalement sous contrôle éthique, l’autre où elle devient une extension de l’oppression humaine.

Dans le cadre d’Asimov, les robots et les IA sont programmés pour protéger les humains, et les lois qu’ils suivent sont une sorte de garde-fou. Les craintes liées à l’IA reposent surtout sur des questions techniques — comme le dysfonctionnement des systèmes ou des erreurs de programmation. Les lois visent à éviter qu'une IA puisse un jour dominer l’homme ou agir contre lui, incarnant ainsi une vision optimiste où la technologie peut être régulée par des règles morales.

Orwell, de son côté, anticipe les risques non pas des IA elles-mêmes, mais de la façon dont elles sont utilisées par des pouvoirs politiques. 1984 décrit un monde où la technologie, plutôt que d’être neutre, devient l’instrument de la tyrannie. Le « Big Brother » de 1984 n’a pas besoin d’IA consciente pour opprimer : des caméras de surveillance, des microphones et des algorithmes basiques suffisent pour maintenir un contrôle total. Orwell souligne ainsi que le danger ne réside pas dans l’autonomie des machines, mais dans l’usage politique de la technologie pour asservir.

La convergence des deux mondes : Quand la surveillance rencontre l’IA

Aujourd'hui, le débat sur l’intelligence artificielle ne peut être isolé de la question du contrôle. Si les lois d’Asimov sont une utopie, le monde contemporain s’apparente davantage à une fusion des deux récits. L'IA moderne, dans des systèmes de surveillance massifs ou des algorithmes d'analyse comportementale, est souvent utilisée pour contrôler et prédire les actions humaines, que ce soit par des gouvernements autoritaires ou des entreprises privées.

Les technologies de reconnaissance faciale, l’analyse des données personnelles et la surveillance omniprésente rappellent inévitablement les préoccupations d’Orwell. Dans certaines régions du monde, la technologie est déjà utilisée pour surveiller la population en temps réel, ce qui pousse à la réflexion : qui contrôle l'IA, et avec quelles intentions ?

Pour autant, des chercheurs en IA et des régulateurs tentent de mettre en place des systèmes éthiques et des cadres législatifs pour s’assurer que l’IA reste un outil au service de l’humain, comme l'aurait imaginé Asimov. Mais la question demeure : ces lois éthiques pourront-elles vraiment contrer l’appétit de contrôle des États et des grandes entreprises ?

Conclusion : L’utopie et la dystopie à l'ère de l’IA

En fin de compte, les visions d'Asimov et d’Orwell se complètent et nous rappellent qu’une technologie, aussi avancée soit-elle, n'est jamais intrinsèquement bonne ou mauvaise. Tout dépend des lois, éthiques ou légales, qui encadrent son usage, et des mains dans lesquelles elle se trouve. Tandis qu’Asimov rêvait d’un monde où les machines protégeraient l'humanité, Orwell nous met en garde contre le jour où celles-ci seront utilisées pour la contrôler.

Le défi moderne est donc de s'assurer que la balance penche davantage vers une gouvernance éthique de l'intelligence artificielle, pour que l’utopie d’Asimov ne devienne pas la dystopie d’Orwell.

NB : Si votre récit intègre des concepts d'intelligence artificielle et de futurs dystopiques, il est essentiel de considérer la dualité qui en découle. Quel message souhaitez-vous transmettre ? Quelle est l’équilibre des forces ? Votre intrigue doit suivre une progression parallèle à l'évolution de votre propre réflexion, dévoilant peu à peu votre positionnement au fur et à mesure que votre écriture avance.

Tuesday 09.24.24
Posted by will witters
 

Déterminisme vs détermination

ROCKY, le combat contre le déterminisme social.

Rocky et le déterminisme social : Quand la volonté défie les structures

Le cinéma a souvent été un espace où l'individu transcende son destin, défiant les lois de la société et les obstacles qui se dressent devant lui. Un des exemples les plus frappants de cette dynamique est sans doute le film Rocky, réalisé par John G. Avildsen en 1976. Le personnage de Rocky Balboa, incarné par Sylvester Stallone, se dresse comme un symbole de persévérance individuelle contre un monde qui semble vouloir l’écraser. Mais si l’histoire de Rocky résonne tant auprès du public, c’est qu’elle résonne aussi avec une question plus profonde : celle du déterminisme social.

Le déterminisme social selon Pierre Bourdieu

Pierre Bourdieu, sociologue français de renom, a profondément influencé la manière dont nous comprenons les structures sociales et les inégalités. L'une de ses théories centrales est celle du déterminisme social. Selon Bourdieu, la position sociale d'un individu est largement déterminée par son capital — qu'il soit économique, social, ou culturel — hérité de sa famille et de son environnement. Ces capitaux conditionnent les chances de réussite et les trajectoires de vie. En d'autres termes, pour Bourdieu, la société est structurée de telle manière que les classes sociales tendent à reproduire leur statut, et il est difficile, voire impossible, pour un individu d'échapper à sa condition de départ.

Ainsi, dans une vision bourdieusienne, le destin de quelqu’un comme Rocky Balboa, issu des classes populaires de Philadelphie, serait de rester coincé dans une vie d’échec et de médiocrité. Le personnage de Rocky travaille comme collecteur de dettes pour des usuriers et peine à survivre dans un milieu qui lui laisse peu de chances de s’épanouir. Tout, dans son parcours, semble confirmer le déterminisme social tel que l’analyse Bourdieu.

Rocky : une rébellion contre le destin social ?

Rocky, pourtant, n'est pas un film sur l'impossibilité de changer son sort, mais sur la capacité à le transcender. L’histoire de Rocky est celle d’un homme qui refuse d’accepter les limitations que son milieu social impose. Lorsqu’une opportunité inattendue se présente — un combat contre le champion du monde de boxe, Apollo Creed —, Rocky saisit cette chance comme un moyen de prouver à lui-même et au monde qu'il vaut plus que ce que la société lui a attribué.

Le film se présente donc comme une ode à la persévérance individuelle et à la volonté de surmonter les déterminismes sociaux. Rocky ne devient pas nécessairement riche ou prestigieux à la fin du film, mais il parvient à accomplir quelque chose de bien plus fondamental : il prouve qu’il est possible de se battre contre l’ordre social et, au moins dans une certaine mesure, de le défier.

Quand l'individu défie les structures : un mythe ?

Toutefois, il convient de ne pas oublier que Rocky reste une fiction, et que l'exception que représente le succès de Rocky ne contredit pas la règle théorique de Bourdieu. Le fait que Rocky parvienne à se hisser jusqu’à un combat pour le titre mondial est, en grande partie, le fruit d’une opportunité presque accidentelle — un "coup de chance". Cela rappelle que, bien que les individus puissent parfois défier le déterminisme social, de telles réussites sont souvent le fruit de circonstances rares et exceptionnelles, plutôt que d’un effort individuel seul.

D’ailleurs, si on analyse l'ensemble des films de la saga Rocky, on voit que Rocky doit constamment se battre contre le poids des structures sociales, économiques et culturelles qui cherchent à le remettre à sa place. Son succès initial ne lui assure pas une ascension sociale durable ; il doit continuellement lutter pour conserver ce qu’il a conquis, dans un monde où les structures sont implacables.

Conclusion : Rocky et Bourdieu, deux visions réconciliables ?

Alors, Rocky Balboa est-il un contre-exemple à la théorie du déterminisme social de Bourdieu ? Oui et non. Rocky nous montre qu’il est possible, à travers la force de la volonté, le travail et un concours de circonstances, de repousser les frontières imposées par le milieu social. Mais il ne faut pas oublier que ces récits sont rares, et qu’ils relèvent souvent d'une mythologie de la réussite individuelle qui ne s’applique pas à la majorité des personnes issues des classes populaires.

En fin de compte, Rocky nous rappelle que si l’individu peut, parfois, défier les lois de la société, la réalité quotidienne est souvent plus proche des structures sociales rigides décrites par Bourdieu. Il y a une tension permanente entre ces deux réalités : le désir d’échapper à sa condition, et la force invisible mais puissante des structures sociales qui nous ramènent à notre point de départ.

Tuesday 09.24.24
Posted by will witters
 

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