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Will WITTERS
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Écrire sur le viol. L'épineuse traversée d'un désert sanglant.

Contre Vents et Marées : Le Patriarcat et la Chaîne d'Abandon

Violences Sexuelles au Cinéma : Comment la République aux Mains Liées Maintient le Silence

Dans l'ombre des projecteurs et des tribunaux, le viol est un crime à double peine : l'agression, suivie par le silence institutionnel. Le Patriarcat, système de domination masculine, ne se contente pas d'engendrer les agresseurs ; il corrompt les structures censées protéger. Le cinéma, en tant que miroir de cette défaillance, reproduit trop souvent une réalité brutale où les victimes de violences sexuelles sont prises au piège d'une chaîne systémique où la justice, la société et les médias semblent avoir les mains liées. Notre rôle, en tant que narrateurs, est de briser cette sidération.

1. Le Retournement de l'Accusation : La Stratégie du Silence

Le cinéma, qu'il le veuille ou non, participe au conditionnement mental autour du viol. L'un des mécanismes les plus insidieux du patriarcat est le retournement de l’accusation, qui se manifeste à l'écran comme dans la réalité :

  • La Culpabilisation de la Victime : Des films qui interrogent ce que la victime "faisait", "portait" ou "buvait" (comme dans The Accused) renforcent une idée toxique : la victime est partiellement responsable. Cette dynamique narrative alimente la honte et est la première étape du processus de silence.

  • La Légitimation du Doute : Les récits de fausses accusations (comme dans Gone Girl ou des ressorts de séries policières) instillent dans l'imaginaire collectif l'idée que la parole des femmes est manipulable. Ce doute, une fois légitimé à l'écran, se répercute en boucle dans le système judiciaire.

  • La Minimisation et la Banalisation : Les comédies qui tournent en dérision les situations de consentement flou ou d'agression (l'ancien cinéma mainstream) relèguent le crime au statut de blague. Ce traitement narratif légitime l'idée que certaines violences ne sont « pas si graves », ouvrant la voie à l'impunité.

2. La République aux Mains Liées : La Chaîne Systémique de l'Abandon

La sidération de la victime est souvent prolongée et aggravée par une chaîne de défaillances institutionnelles. L'abandon n'est pas un oubli ; il est la conséquence d'une série d'obstacles où chaque maillon du système trouve ses mains liées par la structure patriarcale :

  • Le Maillon Judiciaire : La police et la justice sont confrontées à la complexité des preuves, à la lourdeur des procédures, et parfois à une culture interne qui tend à minimiser la parole, conduisant à des classements sans suite. Le doute légitimé par la société devient une impossibilité d'agir pour le droit.

  • Le Maillon Politique et Médiatique : Les politiques publiques peinent à réformer un système coûteux et encombrant. Simultanément, les médias, attirés par le sensationnel ou l'image de l'agresseur puissant et charismatique, occultent la réalité du traumatisme (comme dans les scandales type Weinstein), protégeant symboliquement la figure du dominateur.

  • Le Maillon Sociétal : La peur de la revictimisation (perdre son emploi, sa réputation) est renforcée par un environnement social qui protège les agresseurs puissants. La force invisible des structures fait que, lorsqu'une victime parle, c'est l'ordre social tout entier qu'elle défie, et le système se mobilise pour se protéger lui-même, pas elle.

C'est cette chaîne de la justice et de la société aux mains liées qui provoque l'abandon des victimes de la République.

3. L'Intériorité Face au Système : Le Récit de Résilience (Méthode STRUCTURE)

Pour l'auteur, traiter ce sujet exige une posture et une structure narratives d'une exigence absolue.

  • Sortir de la Sidération par le Récit : Il est impératif d'écrire nos personnages dans leurs tentatives de sortie de leur état de sidération. Le viol est un acte qui fige. Le récit doit devenir le cheminement qui débloque cette paralysie. Notre Méthode STRUCTURE se concentre sur l'Intériorité : nous structurons le récit autour de la vérité émotionnelle et de la résilience du personnage, faisant de la quête de justice un acte profondément personnel.

  • La Posture Omnisciente : En tant que narrateur, il est crucial de se positionner en posture omnisciente pour traiter le sujet plus profondément. Cela permet de révéler les mécanismes de la chaîne d'abandon (les "mains liées") au public, sans dépendre uniquement de la perception traumatisée de la victime. Le récit devient un manifeste qui expose les structures de pouvoir qui agissent contre le personnage.

4. La Nuance Nécessaire : Considérer toutes les Victimes

Pour que le cinéma soit un outil de transformation sociale, il doit être inclusif. La complexité du sujet exige de reconnaître la diversité des expériences de violences sexuelles.

Il est impératif de ne pas invisibiliser la minorité d'hommes victimes de viol par des femmes, ou d'autres dynamiques qui défient les stéréotypes. Leur silence et leur honte sont souvent renforcés par une vision patriarcale de la masculinité qui ne leur permet pas de se reconnaître comme victimes. La narration doit s'affranchir de cette norme toxique pour créer un espace de reconnaissance et de soutien pour toutes les personnes touchées, quelle que soit leur identité de genre ou celle de leur agresseur.

Conclusion : L'Écriture comme Acte de Justice

La force du cinéma réside dans sa capacité à briser le cycle du silence et de la culpabilisation. En tant qu'auteurs, nous avons le devoir de raconter des histoires honnêtes, qui placent la parole de la victime au centre et qui exposent la chaîne systémique qui les abandonne. Donnez à votre récit la structure irréfutable nécessaire pour devenir, lui aussi, un maillon de la lutte pour la justice sociale.

NB1: Dans chaque sujet traité, il est important de regarder le miroir de ce qui est dénoncé. L’enfant dit “c’est celui qui dit qui est”, le scénariste doit regarder celui qui dit: “il y a exclusion” et regarder ainsi qui est exclu de la sorte par cette dénonciation.

Non pas que la dénonciation est calomnieuse, mais bien parce que dans les biais cognitifs, il y a une sorte d’habitude, on n’est pas omniscient lors de nos dénonciations. Lorsqu’on écrit, il est préférable d’avoir une écriture omnisciente, il est nécessaire que notre récit prennent en compte les choses oubliés par le narratif d’une seule personne.

Pour ce qui est du débat des viols dans les médias, le but n’est pas de compléter le discours d’une victime par une interview, Les médias sont en état de sidération vis à vis du sujet. Ils manquent cruellement d’empathie et d’omniscience, ce qui ne leur permet pas de résoudre l’insoluble question du malaise de société.

Ce qui par contre peut être résolut dans un film ou dans un livre, car vous aurez l’opportunité ici de traiter le sujet selon votre vision, en ajoutant le narratif habituel des antagonistes, et bien sûr, en prenant en compte la complexité de la chose via la notification, même minimale, de l’exclusion dans l’immense océan de tentative de reconnaissance.

Découvrir la méthode STRUCTURE
Tuesday 09.24.24
Posted by will witters
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